Le choc anaphylactique, une réaction allergique violente à un aliment, un médicament ou à une piqûre de guêpe, d’abeille ou de frelon reste très mal connu des Français alors qu’il est potentiellement mortel, selon une étude Ifop rendue publique vendredi.
Les allergies alimentaires, notamment aux fruits à coque, peuvent être responsables de choc anaphylactique. ©Aleksandar Zoric/Istock.com
Une réaction qui peut tuer en 5 à 30 minutesSi les réactions allergiques violentes suite à la piqûre d’un insecte sont mieux connues du public, le
choc anaphylactique suite à l’ingestion d’un aliment ou d’un médicament l’est beaucoup moins. “C’est une réaction imprévisible qui peut tuer en 5 à 30 minutes si elle n’est pas traitée immédiatement“, souligne le Dr Pascal Demoly, pneumo-allergologue au CHU de Montpellier.Allergies et anaphylaxie en augmentationInterrogés cet été par l’Ifop, 76 % des Français ont admis ne pas savoir ce qu’était précisément un choc anaphylactique alors même que le nombre de personnes souffrant d’
allergies est passé de 4 à 5 % de la population dans les années 1960 à environ 30 % aujourd’hui. Cela est confirmé par le Dr Isabelle Bossé, immuno-allergologue indépendante à La Rochelle et membre du Comité d’Experts de Doctissimo : “toutes les allergies sont en augmentation constante et ces dernières années on constate également une augmentation du nombre de cas d’anaphylaxie, une réaction allergique massive qui peut être mortelle en quelques minutes“.Choc anaphylactique : des causes diversesParmi ces allergies figurent les
allergies alimentaires (oeuf, lait, arachides, fruits à coque, fruits de mer…) qui ont été multipliées par deux au cours des 10 dernières années et qui seraient responsables de 30 % des réactions anaphylactiques sévères, selon l’Académie européenne d’allergie et d’immunologie clinique (EAACI).Les autres causes incluent les
piqûres d’hyménoptères (responsable d’environ la moitié des cas et de 20 % des décès), les
médicaments (antibiotiques, anesthésiques, produits de contraste pour l’imagerie médicale) et le
latex. D’où la difficulté pour beaucoup de patients de retrouver la cause et donc de prévenir le contact avec la substance à laquelle ils sont sensibilisés.Identifier la causeSelon le Dr Isabelle Bossé, “lorsque le patient a identifié clairement de lui-même l’
allergène, il l’évite mais peu consultent un allergologue. Pourtant, il est toujours pertinent de rechercher d’autres allergies éventuelles. Si le patient n’a pas identifié la substance en cause, par exemple dans le cas d’un choc anaphylactique survenant au cours d’un repas au restaurant, la démarche est plus complexe et nécessite une enquête allergologique minutieuse“.Les signes d’alarme peuvent être une
urticaire sur n’importe quelle partie du corps, un oedème de la gorge ou de la bouche, des difficultés à déglutir, respirer ou parler, des nausées et vomissements ainsi que des douleurs abdominales.Un stylo auto-injecteur d’adrénaline, indispensableEn cas de choc anaphylactique, le seul traitement efficace disponible est l’injection d’adrénaline intramusculaire, mais comme le montre l’étude Ifop, les
auto-injecteurs ou stylos d’adrénaline restent assez peu utilisés : seulement 15 % des personnes qui ont déjà fait un choc ou dont un proche en a été victime, ont en permanence ce traitement sur eux.De nombreux cas mais une mortalité difficile à évaluerSelon Véronique Olivier, présidente de l’association française pour la prévention des allergies (Afpral), environ 500 000 personnes vivent en France avec “un risque potentiel d’anaphylaxie“. C’est pourquoi, l’Afpral a mis en place un site dédié à l’anaphylaxie pour le grand public :
http://www.urgence-anaphylaxie.com/Aucun chiffre officiel n’est disponible sur le nombre de cas annuels ni sur les décès des suites d’un choc anaphylactique qui “ne peuvent pas être répertoriés comme tels” dans la classification internationale, souligne le Dr Demoly. Il évalue pour sa part les décès à une cinquantaine par an en France.La prévention, pas toujours facilePour prévenir les réactions allergiques violentes, les médecins incitent les personnes à risque à consulter un spécialiste pour identifier les allergènes en cause et éviter leur contact.Mais la prévention n’est pas toujours facile. “Pour le grand public, il n’y a pas de risque de mort et l’entourage ne comprend pas pourquoi on est si angoissé” témoigne Annabelle, mère d’un enfant qui a fait l’an dernier un deuxième choc anaphylactique après avoir mangé son bol habituel de céréales. “C’était une nouvelle recette contenant des noix de cajou, mais aucune indication n’était présente sur la boîte“, explique-t-elle.Disposer d’un auto-injecteur d’adrénaline à l’écoleQuant aux jeunes enfants, de plus en plus nombreux à souffrir d’allergies alimentaires, ils constituent “un sujet de préoccupation majeur“, selon l’Afpra, la plupart des écoles les accueillant n’étant “pas suffisamment formées” à l’utilisation des stylos d’adrénaline et parfois, des personnels craignent la responsabilité d’un acte qui comporte l’injection d’adrénaline, substance jugée comme dangereuse pour certains. Cela est confirmé par le Pr Demoly : “90 % des décès d’anaphylaxie surviennent à l’extérieur de la maison, raison pour laquelle il est indispensable de mettre à disposition des kits à l’école et dans les lieux publics, mais pour l’instant, la loi l’interdit“. Quant à la dangérosité supposée de l’adrénaline, le Dr Bossé est formelle : “il n’y a aucun danger à administrer de l’adrénaline, au contraire, en cas d’anaphylaxie, c’est la substance qui sauve la vie des victimes de choc anaphylactique“.Click Here: cheap nrl jerseys